Le président du Comité central du COE appelle les
religions à rechercher une éthique universelle dans un monde en crise
ENI-98-0319\F
Harare, le 4 décembre (ENI\Stephen Brown) -
"Avec d'autres religions,
l'Eglise doit être à la recherche d'une éthique universelle fondée sur des
valeurs éthiques communes". C'est ce qu'a affirmé le catholicos Aram Ier, de l'Eglise
apostolique arménienne, président sortant du Comité central du Conseil
oecuménique des Eglises (COE) devant la Huitième Assemblée de
l'organisation, réunie à Harare, au Zimbabwe, du 3 au 14 décembre.
Le catholicos Aram Ier a souligné que "le dialogue entre les religions et les cultures
revêt une importance décisive et forme la base d'une plus grande solidarité en
vue de la justice et de la paix, des droits et de la dignité de la personne humaine".
Le catholicos Aram, qui a été élu président du Comité central
du COE après la Septième Assemblée du COE à Canberra en 1991,
présentait le 4 décembre son rapport de président à l'Assemblée,
qui réunit plus de 900 délégués, et plus de 3 000 autres participants. Le
COE compte 332 Eglises membres protestantes, anglicanes et orthodoxes dans le monde.
Dans la période qu suivra l'Assemblée de Harare, a déclaré le
catholicos Aram, le COE devra "élaborer une pensée sociale oecuménique et
des stratégies visant à promouvoir et à défendre les valeurs liées
à ces droits en recourant à la prévention et aux actions en justice lorsqu'il y a
violation; ainsi il posera les fondements d'une nouvelle éthique universelle, en
coopération avec d'autres religions."
Les remarques du catholicos Aram interviennent moins d'une semaine avant le 50e
anniversaire, le 10 décembre, de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
L'Assemblée du COE devrait publier une déclaration marquant cet anniversaire.
Le catholicos Aram a souligné que le COE devrait aussi accorder "une attention plus
soutenue à la mondialisation, à la liberté religieuse et au nationalisme
ethnique ainsi qu'à leurs retombées sur les droits de l'homme".
"Dans un monde où la culture technologique et la mondialisation provoquent la
déshumanisation, où les nouvelles idéologies de la sécularisation nient
la présence de la réalité ultime et s'emploient à promouvoir des valeurs
matérialistes et consuméristes, l'Eglise, en collaboration avec les autres religions,
est appelée à remodeler, à renouveler et à réorienter la
société en renforçant son fondement sacré. Dans les
sociétés pluralistes d'aujourd'hui, nous partageons avec nos voisins une
responsabilité commune en vue d'un avenir commun."
Dans son rapport écrit présenté aux délégués, le
catholicos Aram rappelle que "l'éthique universelle ne devrait pas seulement refléter
les valeurs du christianisme occidental, mais se fonder sur une grande diversité
d'expériences et de convictions".
"Avec d'autres religions, l'Eglise doit être à la recherche d'une éthique
universelle fondée sur des valeurs éthiques communes qui transcendent les
croyances religieuses et les définitions étroites d'intérêts nationaux", a
lancé le président du Comité central. "Les religions doivent coopérer afin
de définir dans quels domaines et comment elles peuvent ensemble se faire les
défenseurs des droits de l'homme."
Le catholicos Aram a lancé une mise en garde: le mouvement oecuménique
"pourrait se désintégrer si les Eglises ne se réengagent pas fermement
à poursuivre les objectifs et la vision oecuméniques".
Il a mis l'accent sur deux initiatives que les Eglises pourraient entreprendre pour
réaffirmer leur engagement en faveur de l''unité visible - la reconnaissance mutuelle
de la validité du baptême et une célébration commune de Pâques.
"En 2001, selon les deux computs actuellement en usage, c'est-à-dire les calendriers
grégorien et julien, Pâques tombera sur la même date (15 avril). Cet
événement ne pourrait-il pas marquer le commencement d'une
célébration commune de Pâques?"
Dans son allocution, le catholicos a évoqué la question de la participation des
Eglises orthodoxes au COE, avertissant que la participation des orthodoxes pourrait diminuer si
l'Assemblée ne prend pas au sérieux l'état des relations entre les Eglises
orthodoxes et le COE.
"J'espère ardemment qu'après cette Assemblée, les responsables du
Conseil et les représentants de toutes les Eglises orthodoxes se mettront ensemble
à traiter de manière approfondie toutes les questions et tous les problèmes qui
font obstacle à une participation plus organisée et plus efficace des orthodoxes aux
activités du Conseil."
Les orthodoxes, a-t-il poursuivi, "doivent y contribuer avec un ordre du jour précis et
un esprit ouvert. Les Eglises des traditions protestante et anglicane, de leur côté,
doivent aider les orthodoxes à s'intégrer complètement à la vie du
Conseil en leur offrant l'espace et les occasions leur permettant d'accroître leur
participation."
Il est temps, a-t-il lancé, "que les Eglises orthodoxes passent du monologue au
dialogue, de la réaction à l'action, de la contribution à la participation, du statut
d'observateur à celui de partenaire à part entière au sein du COE". (831 mots)
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