La célébration d'une liturgie orthodoxe à Harare symbolise la croissance de l'Eglise orthodoxe en Afrique
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Rapports
spéciaux de la
Huitième
Assemblée
du COE

Rapports spéciaux
de la Huitième Assemblée
du Conseil oecuménique des Eglises


3 - 14 décembre 1998, Harare, Zimbabwe

La célébration d'une liturgie orthodoxe à Harare symbolise la croissance de l'Eglise orthodoxe en Afrique
ENI-98-0322\F

Harare, le 7 décembre (ENI\Andrei Zolotov) - C'est une liturgie orthodoxe très inhabituelle qui s'est déroulée le dimanche 6 décembre dans la cathédrale grecque-orthodoxe de la Sainte-Trinité et qui a rassemblé des représentants de 13 des 15 Eglises orthodoxes.

Un grand nombre de ces ecclésiastiques orthodoxes étaient à Harare, au Zimbabwe, pour participer à la Huitième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises (COE).

Ce service, signe de l'unité orthodoxe et de la présence de l'Eglise en Afrique, était présidé par le patriarche Petros VII d'Alexandrie et de toute l'Afrique et par l'archevêque Anastasios de Tirana et d'Albanie, qu fut missionnaire au Kenya avant de devenir le primat de l'Eglise orthodoxe d'Albanie en 1991.

L'Eglise orthodoxe, qui fut pendant des siècles l'élément fondamental de la vie des colonies grecques dans la partie nord, puis plus tard, dans d' autres régions d'Afrique, étend depuis plusieurs années son influence bien au-delà des communautés grecques de l'Afrique, principalement en fondant, et souvent avec succès, des missions à travers le continent. Les Eglises coptes, qui ont des liens historiques très forts avec l'Egypte et l'Ethiopie, ont aussi établi des missions en d'autres régions de l'Afrique.

En s'adressant à l'assistance, le patriarche Petros a souligné l'importance de l'unité orthodoxe, l'enracinement de l'orthodoxie en Afrique, et l'engagement de l'Eglise à étendre ses activités missionnaires sur le continent africain. Même si, du point de vue numérique, le Patriarcat d'Alexandrie est l'une des plus petites Eglises orthodoxes dans le monde, il est reconnu par les orthodoxes comme le second "en dignité" - après le Siège de Constantinople - parce qu'il a été fondé par l'apôtre Marc au premier siècle. Et ceci fut rappelé aux fidèles réunis en la cathédrale lorsque le titre complet du patriarche Petros a été prononcé - "Evêque des évêques, pasteur des pasteurs, 13e apôtre, juge de l'univers, pape et patriarche d'Alexandrie et de toute l'Afrique".

Dans l'assistance, on notait la présence d'évêques et de prêtres du Patriarcat oecuménique de Constantinople, des Patriarcats d'Antioche et de Jérusalem, des Eglises orthodoxes russe, roumaine et géorgienne, des Eglises de Grèce et de Chypre, des Eglises orthodoxes d'Amérique et des "Territoires tchèques" et de l'Eglise orthodoxe polonaise. On remarquait l'absence des représentants des Eglises bulgare et serbe, qui n'ont pas envoyé de délégués à l'Assemblée du COE.

"Aujourd'hui, nous avons la joie de participer à la gloire de l'orthodoxie", a déclaré l'archevêque Makarios du Zimbabwe, dont l'église accueillait le service. "L'orthodoxie s'étend aujourd'hui sur tout le continent africain", a-t-il dit. "Nous attendons le jour où il y aura un réseau d'Eglises orthodoxes autour du Zimbabwe."

Même si les fidèles sont aujourd'hui surtout des Grecs de souche, le diocèse zimbabwéen achève actuellement la traduction de la liturgie en langue Shona - l'une des deux principales langues autochtones du pays - et se prépare à ordonner son premier prêtre autochtone.

Le Patriarcat d'Alexandrie et de toute l'Afrique comprend aujourd'hui 14 diocèses et environ 500 prêtres, en majorité des prêtres noirs. Le Kenya, où l'archevêque Makarios a exercé son ministère avant d'être nommé à Harare, a la plus forte concentration d'orthodoxes, avec quelque 300 Eglises.

Au Zimbabwe, qui a aujourd'hui seulement trois églises et deux prêtres, l'activité missionnaire occupe une place essentielle. La communauté grecque compte quelque 2 500 fidèles, des descendants de Grecs arrivés dans le pays alors que celui-ci était encore une colonie anglaise, la Rhodésie-du-Sud. Un grand nombre d'entre eux sont venus de Chypre et des îles grecques au début du siècle pour travailler à la construction d'un grand chemin de fer. D'autres ont exploité des fermes ou se sont lancés dans les affaires. Certains Grecs de souche ont quitté le pays depuis l'indépendance en 1980, mais il en reste encore beaucoup.

Dans plusieurs pays africains, un grand nombre de Russes et de Roumains, et des groupes ethniques d'autres nations traditionnellement orthodoxes, essaient de former des communautés religieuses. On estime à 60 000 le nombre de Russes de souche qui vivent en Afrique du Sud.

Par ailleurs, en République du Congo (Brazzaville), il n'y a que très peu de blancs parmi les quelque 5 000 orthodoxes, a précisé au correspondant d'ENI Bernard Diafouka, prêtre orthodoxe autochtone.

"Nous avons un jeune patriarche qui s'occupe de la formation des prêtres", a-t-il dit, en faisant référence au patriarche Petros. Le christianisme oriental a un avenir brillant devant lui en Afrique, a-t-il dit, "et nous avons pu le constater ce dimanche". (823 mots)



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